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Mise à jour : 31 octobre 2011
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Les hormones pour les filles - MtF -

Je prend des hormones, pourquoi,comment ?

Le traitement hormonal substitutif ou THS

Les hormones ne sont pas des produits anodins. On ne prend donc pas des hormones pour « avoir des gros seins », idée qui relève plus du fantasme que d'une transition réfléchie (Dans ce cas, d'ailleurs, une mammoplastie suffit. Et c'est réversible !).

Si l'on décide de s'hormoner, c'est un choix personnel définitif (assez vite, les conséquences sociales deviennent irréversibles et les risques sont importants pour la santé en cas d'arrêt). Si l'on décide de s'hormoner, c'est qu'on a vraiment choisi de vivre, définitivement, au féminin.

Un tel choix n'est pas sans conséquences dans notre société ; il a des implications majeures dans la vie sociale, professionnelle, familiale. Il faudra donc, à moyen terme1, lorsque les effets du THS (Traitement Hormonal de Substitution), seront impossibles à dissimuler, faire ses coming out successifs pour éviter de vivre trop longtemps dans un no man's land2 néfaste à une bonne intégration sociale.

Autrement dit, commencer un traitement hormonal implique d'assumer à court terme sa trans-identité vis-à-vis de son entourage, employeur compris. C'est donc une décision qui doit être mûrement réfléchie, mais qu'on prend en définitive totalement seule (même si vous prenez votre temps pour vous informer et / ou que vous contactez une association, votre choix de vie ainsi que votre corps n'appartiennent qu'à vous !).

Vous avez pris votre décision ?

En premier lieu, on vous conseille d'aller voir un médecin, un généraliste de préférence, pour lui annoncer votre décision et lui demander de vous accompagner en assurant le suivi de santé de votre THS (Traitement Hormonal de Substitution).

Si votre médecin traitant refuse de vous suivre, il peut s'agir d'ignorance (le rôle du THS dans une transition ne figure pas actuellement dans les formations médicales), de rejet moralisateur (il y a des médecins sexistes, homophobes ou anti-IVG, il y en a aussi qui sont transphobes !) ou, pire, il vous considère comme une malade mentale et vous envoie chez le psychiatre. S'il est hypocrite, il vous enverra chez un endocrinologue en sachant que ces « spécialistes », en général transphobes, exigent un suivi psychiatrique et un certificat de « transsexualisme » (répertorié, au DSM4 et à la CM10, dans la liste des maladies mentales). Donc, s'il ne vous parle que de suivi psychiatrique, voire d' « équipe officielle », sans vous écouter et sans accepter de vous aider, ne perdez pas votre temps, tournez les talons, cherchez-en un autre !

Lorsque vous serez devant un médecin compétent (n'ayez pas de craintes : beaucoup de généralistes le sont), soyez claire. Vous n'êtes pas une malade mentale ? Alors, ne pathologisez pas votre discours ! Demandez-lui en revanche de vous faire un bilan complet afin de vérifier votre état de santé, démarche préalable à tout THS sérieux. Prenez un autre rendez-vous une fois que vous aurez reçu les résultats de vos analyses.

Vos résultats en poche, se pose alors le problème suivant : quels produits mon médecin va-t-il-me prescrire ? Est-il bien informé ? Le risque existe en effet, même s'il est de bonne foi, qu'il cherche à s'informer auprès des soi-disant « spécialistes » et vous prescrive le traitement « psychiatrique officiel » (castration chimique) qui fait tant de dégâts. Parlez-lui plutôt des produits hormonaux utilisés pour le THS des femmes ménopausées, bien connu, validé par de nombreuses études incontestées (E3N, 2004, MGEN, 100 000 femmes suivies), toléré et sans effets néfastes majeurs pour la santé. C'est ce même type de THS qui permet une transition sereine et sans effets secondaires dangereux pour la santé et l'équilibre psychologique, tout en préservant la libido.

La base d'un tel THS ? Les ostrogènes par voie cutanée, la progestérone naturelle et, s'il y a lieu (perte de cheveux) de la finastéride.

Pourquoi des ostrogènes par voie cutanée ? Pour éviter de saturer le foie et de prendre des risques graves pour votre santé. Le THS idéal utilise de l'estreva gel (ou ostrogel). Le dosage initial (le temps que votre corps s'habitue) est en général 1,5 mg / jour. Si vous tolérez bien ce dosage (sauf exception, c'est le cas), vous pourrez augmenter jusqu'à 3 mg par jour mais pas au-delà, cela ne servirait à rien. En général, 2 mg suffisent. Inutile de bousculer votre corps : vous risquez juste de nuire à votre santé.

Pourquoi de la progestérone naturelle ? Le dosage habituel est de 100 mg / jour (parfois, on peut aller jusqu'à 200 mg / jour). Ce produit favorise une meilleure répartition des graisses et un développement des seins avec une forme plus harmonieuse (cela évite la forme typique des poitrines Trans avec des seins qui partent vers l'extérieur), et permet de réduire les états dépressifs fréquents dus aux changements des taux hormonaux dans votre corps (c'est la testostérone3 qui vous protégeait auparavant de la dépression). La légende urbaine selon laquelle la progestérone donnerait automatiquement de petits seins est sans fondement médical.

Pourquoi ajouter parfois de la finastéride ? Ce n'est pas indispensable. On fait une transition bien plus réussie sans anti-androgènes. Cependant, on peut, si on le souhaite, ajouter cet anti-androgène léger, en particulier en cas de chute de cheveux ; ce traitement la stoppe et aide à la repousse si les racines sont encore actives. Le dosage habituel est de 1 mg / jour. On peut utiliser le chibro-proscar (dosé à 5 mg / jour, on le coupe en quatre pour obtenir une dose d'environ 1 mg / jour) ou, au pire, le Propecia (en vente libre mais très cher).

En aucun cas vous n'êtes obligée de consulter un psychiatre ou un endocrinologue pour une prescription de traitement hormonal ! Tout médecin généraliste compétent peut vous prescrire un THS.4

1 En général, il devient impossible de cacher qu'il se passe quelque chose au bout d'un à deux ans au maximum.

2 Il n'y a ici aucun jugement. L'androgynie peut être un choix de vie, mais soyons réaliste : se rapprocher d'une norme féminine moyenne (regardez les filles dans la rue : il y a assez de variété pour vous y retrouver !) facilite le passing, même si on est pas obligée d'adhérer vraiment à ces normes artificielles ;-)

3 La testostérone est loin d'être un « poison », comme le prétendent parfois des transsexuelles mal informées ; d'ailleurs, une Trans opérée gardera toute sa vie un taux faible de testostérone comme les femmes biologiques.

4 Le plus souvent, ce sont des généralistes ou des gynécologues qui prescrivent et suivent les THS des femmes cisgenres.

 

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