Comprendre les enjeux

Comprendre les enjeux pour mieux agir !

Avant de rentrer dans le vif du sujet, il nous semble nécessaire de préciser quelques notions au-delà de leurs strictes définitions.

Une trinité : Sexe, genre et préférence sexuelle

Ces trois notions font partie intégrante de la personnalité de chacun et chacune. Pourtant, contrairement aux idées reçues, elles sont totalement indépendantes l’une de l’autre.

En effet, le sexe, contre toute attente, est un concept défini arbitrairement et reposant sur un choix de caractéristique biologiques pour décrire de manière exclusive uniquement deux catégories : le sexe mâle et le sexe femelle.

Cette vision ne décrit pas vraiment une réalité beaucoup plus complexe des caractéristiques biologiques, car ne prenant pas en compte la question des personne intersexes comme une simple variation du vivant.

On notera que si il est possible de modifier certains caractères secondaires de la physiologie humaine (poitrine, organes génitaux externes), il est illusoire de croire que l’on peut changer de « sexe biologique ».

Le genre est une construction essentiellement sociale par rapport à des repères fixés et imposés arbitrairement par la société. Une société, fruit d’une culture, variant en fonction de la géographie et des époques, les catégorisations de genre diffèrent. Le genre n’a donc pas de liens biologiques avec le sexe et il existe une multiplicité de genres, en fait autant que d’êtres humains. Le lien entre sexe et genre est un lien imaginaire !

Quant à l’orientation sexuelle, elle il ne dépend que des attirances sexuelles et affectives d’une personne pour autrui. Cette orientation peut être liée ou pas à une procréation. Le fait de lier reproduction et sexualité est tout à fait arbitraire.

Binarité et stéréotypes

Depuis plusieurs siècle, nos sociétés ont mis en place un ordre hétéro-patriarcal, évoluant et se perpétuant pour tenter de s’imposer comme un « ordre naturel » : une femme de sexe femelle ne peut aimer qu’un homme de sexe masculin, et vice versa.Reposant sur une hétérosexualité soit disant naturelle et omnipotente, cette organisation sexiste, homophobe et transphobe par essence, est dite binaire. En conséquences, le fait de rompre avec cette rigidité sexe-genre-orientation sexuelle revient à remettre en cause cette binarité. Il existe donc ainsiune multitude de degrés de « non-binarité » et de manières de l’exprimer.

Genre et identité de genre

Précisons un peu plus cette notion d’identité de genre. De manière globale, c’est une identité psycho-sociale arbitrairement sexuée par la société.

C’est aussi compris dans l’acception d’un rôle social, caractérisé par exemple de masculin ou féminin, et l’identification à la classe d’individus qui jouent ce rôle.

Le genre résulte donc de stéréotypes culturels qui définissent les comportements dit « masculins » et « féminins », comme les importantes évolutions de ces rôles genrés l’ont montré tout au long de l’histoire humaine.

Le genre n’est pas nécessairement en correspondance avec le sexe au regard des stéréotypes et attentes culturelles : une personne définie comme de sexe mâle peut très bien s’identifier plus ou moins à un autre rôle, s’exprimer et se déterminer plus ou moins de genre féminin ou de genre neutre (« non binaire »), et inversement pour les personnes définies de sexe femelle.

Les genres «  homme » ou «  femme » ne sont que des conventions culturelles très réductrices pour étiqueter un ensemble complexe de traits de personnalité. Chaque être humain a en lui, à la fois, des traits de personnalité jugés féminins et des traits jugés masculins, qu’il ressent et/ou qu’il exprime. Il existe donc beaucoup plus que deux genres dans l’humanité. Ici il n’est pas question d’opposer les manières plus ou moins stéréotypées mais de reconnaître les mêmes droits pour l’ensemble de cette diversité.

Le genre est auto-déclaratif : seule la personne concernée peut définir son identité de genre et la manière de l’exprimer.

Sexe et identité sexuelle

Ces notions relèvent d’un ensemble de caractéristiques anatomiques et fonctionnelles arbitrairement utilisées pour scinder certaines espèces animales, dont l’espèce humaine, en deux catégories : les mâles et les femelles.

Dans certains cas, ces caractéristiques ne rentrent pas dans cette norme médicale des sexes fixée arbitrairement, on parle alors d’intersexuation. Contrairement à ce qu’affirment certains dogmes « scientifiques », il existe plus de deux « sexes » dans l’espèce humaine, tout dépendant des caractéristiques biologiques choisies.

Cette importance disproportionnée donnée à la notion de sexe permet de soutenir l’idéologie de l’hétéro-patriarcat très présente dans la culture occidentale.

Souvent d’inspiration religieuse et non laïque, selon laquelle la reproduction de l’espèce est ce qui prime avant toute chose (y compris sur l’aspiration des individus à la liberté et à l’autonomie), ce parti pris a longtemps amené beaucoup d’hommes à s’opposer au droit à la contraception et à l’IVG.

Qu’est ce qu’une personne transgenre ?

Une personne désirant vivre une identité de genre différente de celle qui lui est assignée par l’État à la naissance au vu de ses organes génitaux.

Est transgenre toute personne qui ne s’identifie pas complètement au rôle social culturellement assigné à son sexe, sans se croire pour autant atteinte d’un « trouble » ou d’un «  syndrome », et qui se libère de toute croyance en des rôles sexués « naturels » et intangibles.

Il y a de multiples façons d’être transgenre : s’habiller, régulièrement ou non, comme le sexe opposé (encore que ces notions ont beaucoup évolué ces dernières années !), modifier ou non son corps (par des traitements hormonaux ou diverses chirurgies)… Être transgenre ne se joue pas nécessairement, prioritairement ou exclusivement sur le terrain du corps. Il s’agit avant tout de vivre en se libérant de l’ hétéro-patriarcat. Plus simplement : vivre librement !

Chez les personnes transgenres la transition consiste pour l’essentiel à éliminer tout amalgame entre sexe et genre. Lorsqu’elles modifient leur corps, les personnes transgenres sont motivées par une volonté d’intégration sociale.

Qu’est ce qu’une personne transsexuelle ?

Comme son nom l’indique, c’est une personne atteinte de «  transsexualisme ». Selon la nosographie psychiatrique, il s’agirait d’une « identification intense et persistante à l’autre sexe » ou encore d’une « conviction intime, constante et irréversible d’appartenir au sexe opposé », croyance généralement liée à un rejet total de ses organes génitaux d’origine.

Cette catégorie de personnes a été créée par la psychiatrie dans le but de réprimer les personnes voulant vivre leur identité de genre librement et de stériliser celles et ceux qui accédaient au changement de la mention de sexe à l’état civil. Si n France la médecine et la psychiatrie utilisent de moins en moins ce terme, leurs desseins sont les mêmes en parlant de souffrance, de mauvais corps, de « syndrome » et de « dysphorie ». Tout cela va bien évidement à l’encontre du bien être des personnes transgenres et relève de la transphobie médicale et institutionnelle.

Normalement, en 2020, le transsexualisme n’existera plus en tant que tel dans la nomenclature internationale des maladies (CIM 11), et la diversité de genre sera rangée au chapitre des maladies sexuelles, plus en tant que maladie mentale.

Qu’est ce qu’une personne intersexuée

Une personne dont les caractéristiques sexuelles, qu’elles soient biologiques ou génétiques, ne correspondent pas à la norme médicale binaire mâle-femelle imposée pour définir le sexe de la personne.

On estime que le nombre de naissances présentant des caractères d’intersexuation se situe entre 1 et 2 %. Les plus connus, mais peu courants, sont les hermaphrodites. Dans quelques cas, très rares, le pronostic vital peut être engagé et une opération est alors médicalement justifiée. Mais dans la plupart des cas (hypospadia, par exemple), c’est au nom de la norme hétéro-patriarcale que l’État impose, même contre l’évidence biologique, de déclarer un enfant comme mâle ou femelle. Et c’est en parfaite connaissance de cause, fidèles serviteurs de l’État, que psychiatres et chirurgiens appellent à mutilent sans états d’âme des enfants sans défense. En Allemagne, sur plainte d’une intersexuée ayant engagé une procédure judiciaire à sa majorité, un chirurgien a été lourdement été condamné au civil par la justice pour mutilation.