Stérilisation d’État

Stérilisation d’État


Ou Réserver à n’importe quel prix parentalité et filiation aux personnes hétérosexuelles.

Aujourd’hui, il n’est plus obligatoire d’apporter des preuves médicales de stérilité obtenue par procédé chimique ou chirurgical aux tribunaux de la République. C’est un fait. Mais ce n’est pas pour autant que cette même république a abandonnée de mettre en œuvre des pratiques pour stériliser les personnes transgenres, médicalement, légalement et juridiquement.

La parentalité pour la population transgenre reste un chemin compliqué tant pour accéder aux moyens procréation que pour faire reconnaître une filiation.

En effet, procréation médicalement assistée (PMA), gestation pour autrui (GPA), égalité devant la filiation ne sont pas accessibles lorsque vous êtes une personne transgenre et plus largement une personne LGBTI+…

Pourquoi tant de haine de l’État à l’égard de cette population LGBTI+, et plus particulièrement de la communauté transgenre ? Que se cache-t-il derrière cette volonté de stériliser cette diversité ?

La réponse est pourtant simple : pour ne pas légaliser la parentalité biologique, la présomption de « paternité » en dehors du cadre de la famille hétérosexuelle. Il est facile d’imaginer qu’une personne transgenre non stérilisée peut tout à fait avoir un enfant avec une autre personne disposant de gamètes opposés mais de même sexe juridique : l’enfant sera alors issu de matériaux génétiques des deux géniteurs-trices dans un cadre homosexuel. En ce cas, l’État serait alors obligé de reconnaître la parentalité, une filiation, aux deux personnes du couple. Il y aurait alors une légalisation de fait d’une l’homoparentalité biologique, au même titre que l’hétéroparentalité. Et les tests ADN seraient imparables pour valider une telle situation. Il ne reste juste qu’a saisir l’occasion d’une procédure en justice pour une obtenir une reconnaissance légale via les preuves biologiques…

Il ne faut pas oublier qu’à partir de l’entrée en vigueur de l’arrêt de la cour de cassation de décembre 1992, l’État français, entre autre, obligeait les personnes transgenres à prouver devant les tribunaux une perte de fertilité définitive pour pouvoir obtenir une modification de la mention de sexe à l’état civil. Et jusqu’à la légalisation du mariage pour les couples de même sexe en 2013, l’obligation de divorce était également exigé… Et si la personne transgenre avait des enfants mineurs, la justice lui « conseillait » même dans certains cas de renoncer à son autorité parentale, quand on ne l’empêchait pas de voir ses enfants !

Ainsi, il n’était pas très compliqué de comprendre la finalité de telles mesures envers les personnes transgenres : il n’y avait pas de doute que leur stérilisation avait et a toujours pour but de stériliser l’ensemble de la communauté LGBTI+ et d’en empêcher toute filiation.!

Aujourd’hui, la parentalité pour les couples de gays et de lesbiennes est toujours une problématique non réglée par l’État qui ne souhaite toujours pas mettre sur un même pied d’égalité les couples homosexuels et hétérosexuels. Légalisation de la PMA et de la GPA, procédures d’adoption transparentes, égalité face à la filiation des couples hétérosexuels, rien n’est en vigueur au pays des droits de l’homme hétéro ! Tout est lié, perpétuant ainsi l’homophobie et la transphobie d’État.

Cette situation inadmissible, c’est la République française qui l’impose.

Pliant le genou face aux LGBTIphobes religieux, pour l’État français, toute parentalité et filiation biologique hors cadre hétérosexuel doivent être bannies et hors norme.

Pourquoi refuser et garantir les mêmes droits concernant la filiation, l’autorité parentale, les avantages fiscaux et ceux liés aux prestations sociales pour des cellules familiales entre adultes de même sexe ? Pourquoi survaloriser les familles hétérosexuelles dans la République en leur réservant l’exclusivité d’un certain nombre d’atouts favorisant un équilibre familial, propice à un bon développement des enfants ?

Oui, en France l’hétéro-patriarcat est encore la norme imposée par la société, organisée par des législateurs ne s’offusquant pas des relations hommes / femmes dans notre pays où le sexisme et le machisme règnent et se développent, sacralisant toujours une pseudo supériorité de l’homme sur la femme.On oublie trop souvent la réalité de familles hétérosexuelles qui, malgré des avantages certains, n’échappent pas à la réalité des enfants abandonnés, abusés sexuellement et maltraités, voire assassinés. Sans oublier les femmes battues et violées. Une orientation sexuelle, à fortiori hétérosexuelle, n’est pas synonyme de cadre idyllique pour construire une cellule familiale fondée sur le respect et un environnement éducatif équilibré pour l’enfant !

Ce que les personnes LGBTI+ et notamment les personnes transgenres démontrent et déconstruisent, c’est l’absurdité et les méfaits de cette organisation hétéro-patriarcale de notre société.

Et c’est pour cette raison que l’État tente par tous les moyens de préserver cette domination au prix fort pour notre communauté. Car après des années de stérilisation par des médecins français peux scrupuleux de leur éthique et des magistrats à la botte du pouvoir, sortant de tout cadre du respect des droits humains, cette volonté de rendre toute parentalité biologique des personnes transgenres non reconnue voir impossible est toujours là : THS stérilisants toujours en vigueurs, refus de conservations de gamètes et d’en disposer par la suite, adoption des enfants après changement de la mention de sexe à l’état civil, refus de prise en compte de la volonté et du désir de parentalité y compris pour les transgenres mineurs, etc.

La situation actuelle prouve quels sont les enjeux réels de nos combat, de nos luttes. Et ces enjeux sont communs à l’ensemble de la communauté LGBTI+. Il est donc indispensable de marcher, unis mouvement LGBTI+ et féministes inclusives, afin d’en finir avec ce système stérilisant biologiquement et juridiquement des millions de personnes en France.

Notre combat contre les stérilisateurs LGBTIphobes est, lui, en tous points républicain : il concerne tout le monde quel que soit son sexe, son orientation sexuelle, son identité de genre.