Hormones et chirurgies

Vous avez pris votre décision de suivre un traitement hormonal pour vivre votre identité de genre ?


En premier lieu, rapprochez-vous des structures LGBTI+ afin de rechercher des informations, avoir un accueil personnalisé en fonction de votre situation, rencontrer des personnes transgenres et leur diversité. Les associations vous feront bénéficier de leurs expériences, de leurs réseaux, sans oublier la possibilité de tisser du lien social.

Il est des plus utile de se confronter à une future réalité vécue par d’autres personnes, réalité souvent omise à travers les réseaux sociaux : il n’y a pas de « parcours » miracle et standardisé pour toute la communauté transgenre. Les ressentis des personnes vis-à vis de leurs identités de genre et de leurs corps peuvent aller d’une extrême à une autre.

Ici ne seront évoqués que les points clés informatifs utiles. Il ne sera pas question de dicter le chemin obligatoire à suivre pour y trouver la réussite d’une « transition ». L’aboutissement pour chaque personne transgenre peut prendre des formes différentes, des objectifs différents et ce qui peut convenir pour l’un.e peut ne pas convenir à l’autre.

A qui s’adresser, au fait ?

On vous conseille plutôt, en premier lieu  d’aller voir  un généraliste de préférence, votre médecin traitant par exemple, pour lui annoncer votre décision et lui demander de vous accompagner en assurant votre suivi de santé.

IMPORTANT : Quel que soit le produit hormonal utilisé pour le traitement hormonal, un suivi médical doit être réalisé, avec en premier lieu un bilan de santé.

Il se peut que le médecin à qui l’on s’est confié refuse de vous suivre et vous renvoie vers des endocrinologues et psychiatres, même si cela ne vous convient pas. Il peut s’agir d’ignorance (le rôle du THS dans une transition ne figure pas actuellement dans les formations médicales), de rejet moralisateur (il y a des médecins sexistes, homophobes ou anti-IVG, il y en a aussi qui sont transphobes !) ou, pire, il vous considère comme une personne malade mentale et vous envoie directement chez le psychiatre et les équipes hospitalières psychiatrisantes. Il peut aussi « botter en touche » comme on dit etvous renvoyer chez un endocrinologue en sachant que ces « spécialistes », en général ignorant du sujet, exigent au minimum un suivi psychiatrique.


Nous ne le répéterons jamais assez, le passage par des équipes hospitalières dans les faits peu compétentes (et surtout maltraitantes) ou des des suivis psychiatriques ne sont pas obligatoires pour la plupart des actes de santé liés à la transidentité. Cela que vous soyez des personnes transgenres de genres masculin ou féminin, mineures ou majeures.


Nous savons parfaitement qu’un généraliste peut prescrire librement des hormones pour les personnes transgenres féminines, mais qu’il est cependant plus compliqué pour ces médecins de prescrire de la testostérone, molécule beaucoup plus réglementée. Mais il est parfaitement envisageable qu’un praticien, généraliste, voir endocrinologue, accepte de prendre en charge les THS pour les garçons sans passer par des suivis psychiatriques et autres équipes pluridisciplinaires.

Le premier rendez-vous…

Lorsque vous serez devant un de ces médecin compétent (n’ayez pas de craintes : beaucoup de généralistes le sont), soyez claire. Vous n’êtes pas une malade mentale ? Alors, inutile de pathologiser votre discours ! Appuyez-vous sur les informations fiables reçues d’une association que vous fréquentez. Cela rassure le docteur en face de vous et lui permet de voir que vous vous êtes renseigné  sérieusement avant !
Demandez-lui en revanche de vous faire un bilan complet afin de vérifier votre état de santé, démarche préalable à tout THS serein. Prenez un autre rendez-vous une fois que vous aurez reçu les résultats de vos analyses.

Vos résultats en poche, se pose alors le problème suivant : quels produits mon médecin va-t-il-me prescrire ? Est-il bien informé ? Le risque existe en effet, même s’il est de bonne foi, qu’il cherche à s’informer auprès des soi-disant « spécialistes » et vous prescrive un traitement qui ne convient pas à vos attentes.

Ici se pose la question de votre fertilité, pouvoir la conserver ou nom, de votre rapport à votre corps (stéréotypes corporels, rejet de votre sexualité, etc), de votre sexualité. En fonction de vos attentes divers produits sont disponibles, plus ou moins dangereux.

IMPORTANT : Le discours de certains médecin parlant de « supprimer » dans un premier temps les hormones de naissance avant de prescrire le traitement hormonal substitutif est DANGEREUX ! Il ne relève d’aucune étude médicale et n’est qu’une théorie médicale binaire et stéréotypée (voir sexiste, rendez-vous compte une femme avec un taux de testostérone significatif !). Ce genre de discours amène aujourd’hui aux sportives à subir des tests de féminité.

THS féminisant

Parlez plutôt des produits hormonaux utilisés pour le THS des femmes ménopausées, bien connu, validé par de nombreuses études incontestées (E3N, 2004, MGEN, 100 000 femmes suivies), toléré et sans effets néfastes majeurs pour la santé. C’est ce même type de THS qui permet une transition sereine et sans effets secondaires dangereux pour la santé et l’équilibre psychologique, tout en préservant la libido.

Par exemple, la base d’un tel THS pourrait être : des œstrogènes par voie cutanée, la progestérone naturelle et, s’il y a lieu (perte de cheveux) de la finastéride.

Pourquoi des œstrogènes par voie cutanée ? Pour éviter de saturer le foie et de prendre des risques graves pour votre santé. Le THS idéal utilise de l’Estreva gel (ou Oestrogel). Le dosage initial (le temps que votre corps s’habitue) est en général 1,5 mg / jour. Si vous tolérez bien ce dosage (sauf exception, c’est le cas), vous pourrez augmenter jusqu’à 3 mg par jour mais pas au-delà, cela ne servirait à rien. En général, 2 mg suffisent. Inutile de bousculer votre corps : vous risquez juste de nuire à votre santé.

Pourquoi de la progestérone naturelle ? Le dosage habituel est de 100 mg / jour (parfois, on peut aller jusqu’à 200 mg / jour). Ce produit favorise une meilleure répartition des graisses et un développement des seins avec une forme plus harmonieuse et permet de réduire les états dépressifs fréquents dus aux changements des taux hormonaux dans votre corps (c’est la testostérone qui vous protégeait auparavant de la dépression). La légende urbaine selon laquelle la progestérone donnerait automatiquement de petits seins est sans fondement médical. En plus il est possible de se servir de la Progestérone avec un dosage plus fort (400 mg) pour réduire plus significativement le taux de testostérone en tant qu’anti-androgène pour les filles qui le désire.

Pourquoi ajouter parfois de la Finastéride ? Ce n’est pas indispensable. On fait une transition bien plus réussie sans anti-androgènes. Cependant, on peut, si on le souhaite, ajouter cet anti-androgène léger, en particulier en cas de chute de cheveux ; ce traitement la stoppe et aide à la repousse si les racines sont encore actives. Le dosage habituel est de 1 mg / jour. On peut utiliser le chibro-proscar (dosé à 5 mg / jour, on le coupe en quatre pour obtenir une dose d’environ 1 mg / jour) ou, au pire, le Propecia (en vente libre mais très cher).

THS masculinisant

 

 

 

Les bloqueurs hormonaux

 

 

Les produits à risque

Aujourd’hui, tous les professionnels de santé, les transphobes autant que les autres, sont informés des risques des THS qu’ils prescrivent, en particulier l’acétate de cyprotérone (Androcur ®). Si vous choisissez une équipe « officielle », ou un psychiatre indépendant (il est juste membre d’une école rivale !), vous n’aurez aucun choix possible : on vous imposera l’acétate de cyprotérone (plus connu sous le nom d’Androcur ®). Utilisé dans le traitement des cancers de la prostate, l’acétate de cyprotérone est aussi destiné à castrer chimiquement les déviants sexuels (violeurs et autres pédophiles) comme le précise, en 2005, le rapport d’évaluation de l’AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) qui évoque des études portant sur « 110 patients délinquants ou déviants sexuels traités à des doses de 50 à 200 mg par jour pendant une durée de 4 à 50 mois. » L’AFSSAPS poursuit : « Dans 80% des cas, la dose de 100 mg par jour de CPA a réduit les pulsions sexuelles de façon satisfaisante, en agissant d’abord sur la libido, puis sur les érections et l’orgasme. Dans 20% des cas, une dose de 200mg/jour a été nécessaire. »

De plus, l’acétate de cyprotérone a de très nombreux effets secondaires. L’AFSSAPS évoque ainsi « des cas de dyspnée, accidents thromboemboliques, et ostéoporose. » Dans Dysphories de genres et transsexualisme. Aspects psychiatriques. (Bourgeois et alii, 1990), les auteurs précisent, en référence à une étude connue de tous les professionnels, portant sur 303 MtF, que la prescription combinée acétate de cyprotérone (100 mg) + éthinyloestradiol donnent :
• cinq fois plus de décès que dans une population de référence ;
• 45 fois plus d’accidents thromboemboliques ;
• 400 fois plus d’hyperprolactinémie ;
• 15 fois plus de troubles de l’humeur.
Sans parler d’une élévation transitoire des enzymes hépatiques.

Dans Le syndrome de transsexualisme : aspects cliniques et perspectives thérapeutiques (1997), les six signataires de l’article – dont Thierry Gallarda et Bernard Cordier, psychiatres de l’équipe « officielle » de Paris – confirment que le traitement combiné acétate de cyprotérone (Androcur ®) et ostrogènes est susceptible d’entraîner « des accidents thromboemboliques, une hyper-tension artérielle, une hyperprolactinémie, et une élévation transitoire des enzymes hépatiques. » Quel produit croyez-vous que leur équipe impose toujours en 2007 aux MtF qui se remettent entre leurs mains ? Vous avez deviné : c’est l’Androcur ® ! Pourquoi ? À votre avis ?

Évitez aussi les ostrogènes de synthèse et / ou administrés par voie orale… Idem pour la progestérone de synthèse. Ce sont des molécules ayant des effets secondaires néfastes.